Fleurs de jardin, Marie Al Fajr

LES FLEURS DE JARDIN

Rédigé par Adam Hafez

« L’intérêt pourrait bien résider dans l’approche de ce qu’une femme française essaie de mettre à l’œuvre dans le corps d’un danseur égyptien en danse contemporaine et de ce qu’un homme égyptien met en jeu dans le corps d’une femme française en danse Baladi. Cette phrase-clé fut ainsi répétée à l’envi pendant la résidence de l’artiste Marie Al Fajr, et durant la présentation publique au Caire de sa Miniature : Les Fleurs du Jardin. Cette exploration transculturelle, et quelque part déplacée, était en soi bel et bien excitante. Déjà, parce que cela propose une distinction claire entre les esthétiques de la danse égyptienne et la danse contemporaine occidentale, mais aussi parce que cela propose une distinction de fait entre la danse contemporaine égyptienne, et la danse contemporaine française. A moins que cela ne classifi e toutes les danses égyptiennes comme n’étant pas contemporaines et toute la danse européenne et américaine comme contemporaine. Témoignant du processus de travail entre la chorégraphe Marie Al Fajr, et le danseur égyptien Mohamed Fouar, on pourra d’abord parler de l’exploration de l’autre dans le studio de travail. Une exploration « de ce qui pourrait être fait ensemble. » Une exploration qui semble immédiatement être l’essentiel d’un tel processus, une exploration qui prend la forme de séquences d’improvisations dansées, et de séquences chorégraphiées, de discussions, de lectures de poèmes, de dessins, de travail avec les images d’antiques miniatures, et d’autres choses encore. Quelques notes commencèrent alors à émerger pendant ce temps de travail, sur les façons de se regarder l’un l’autre ou de regarder l’audience, ou encore sur la question technique d’un geste précis. Et sur l’inévitable question de la valeur numérique de l’Amour et de la notion de l’Autre. »


MARIE AL FAJR

Formée à différentes techniques de danse et de travail sur le corps depuis son plus jeune âge, Marie Al Fajr rencontre la danse d’Égypte dans sa forme la plus authentique auprès de la chorégraphe S. Hilal en 1989. Elle se forme à ses côtés à la Hilal School – Londres, puis collabore jusqu’en 2003 en tant que professeur et danseuse de la Hilal Dance Company à la mise en place et à la diffusion de la technique dite « Hilal ». Depuis, Marie Al Fajr a pris son propre chemin artistique et a créé sa propre compagnie. Son dernier spectacle, Shemm-ennassim/une odeur de brise, présente une forme contemporaine de la danse d’Egypte et a été programmé en Allemagne et en France. Ayant voyagé et vécu dans différents pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, elle s’est forgée une double sensibilité culturelle qu’elle n’a eu de cesse d’approfondir avec ses études universitaires (diplôme de l’INALCO en langue arabe, maîtrise en esthétique de l’art arabo-musulman et DEA sur la création contemporaine dans le monde arabe – Paris I) et d’entretenir en maintenant un lien privilégié avec le monde arabe. Depuis plusieurs années elle a établi un second domicile au Caire qui reste la source de sa recherche dans la mise en place d’une pédagogie moderne et d’une création contemporaine fondant son esthétique dans la tradition du mouvement dansé en Egypte.


Accueillie en résidence au Caire par Haraka du 7 au 14 janvier 2011. Étape de présentation finale du programme Miniatures Officinae 2010-2011 soutenu par la Commission européenne du 27 au 30 avril 2011 à la Townhouse Gallery au Caire.
Production : L’Officina-atelier marseillais de production (Marseille, France)
Coproduction : L’animal a l’esquena (Espagne), Indisciplinarte (Italie), El Teatro (Tunisie), Haraka (Egypte)
Avec le soutien de la Commission Européenne dans le cadre du programme Culture 2007-2013, volet Coopération avec les pays tiers pour les années 2010 et 2011.

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