Et tou à coup un inconnu vous offre des fleurs, Malek Sebaï

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NOTE D’INTENTION

« À vouloir travailler sur la mémoire d’instants vécus, ces instants où la rencontre se faisait imminente, où les frontières des corps se retrouvaient palpitantes et incrédules au moment magique du « slow » lancé par le disquaire, je me suis retrouvée seule avec un seul corps et plusieurs membres, des bras des jambes un torse, des espaces à délimiter, une histoire miniature à raconter. Alors deux espaces se sont confrontés, l’un nu pour un corps à coeur duel, et l’autre encombré engonçant, bruyant, bavard, fardé pailleté oriental ! Oriental, encombrant saturé et le corps disparaît. »

Malek Sebaï


MALEK SEBAÏ

Malek Sebaï a commencé la danse en 1978 à l’Opéra de Paris ; elle poursuit sa formation au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris jusqu’à 1984, avant de rejoindre l’Ecole de Danse Rosella Hightower (Cannes, France). Elle intègre successivement le Stanislavski Théâtre (Moscou, 1987), L’Ater Balletto (Italie, 1989), Le Muenchener Staats Oper (Munich, 1990), le Ballet Du Nord (France, 1993), la Elisa Monte Dance Co (New-York, 1994-1998). Durant cette période passée à l’étranger, elle revient souvent en Tunisie afin de participer à des créations tunisiennes. En 1998, elle s’installe définitivement en Tunisie et se consacre à l’enseignement, tout en participant à des créations théâtrales et chorégraphiques en collaboration avec des artistes tunisiens. Depuis son retour en Tunisie, elle a entrepris un travail de recherche chorégraphique et signera quelques pièces : Le festin de la Tortue, octobre 2000 avec le chorégraphe canadien Luc Dunberry (Schaubühne Berlin), le Goethe Institut et le Théâtre National Tunisien. b-ticino, en 2004, dans le cadre du DAMA (Danser dans la Méditerranée Arabe), avec la plasticienne tunisienne Patricia Triki, Zangana, en mars 2006, installation chorégraphique en collaboration avec Sondos Belhassen à partir du texte de Haifa Zangana, Derrière la mémoire, dans le cadre du programme « Femmes guerre et création », El Teatro. En 2006, elle crée avec la collaboration de Patricia Triki et Sondos Belhassen, b-ticino volet II dans le cadre de la 42ème édition du Festival International de Carthage. En novembre 2007 elle écrit Manel Wu Saousse, projet chorégraphique créé à l’occasion du festival Dream City avec Sondos Belhassen et Patricia Triki, qui sera joué en ouverture du festival de Carthage Palais El Abdellia La Marsa en juillet 2008. Elle travaille actuellement sur deux projets Prison des délits de coeur à partir de la légende de Dar Joued pour la deuxième édition du Festival Dream City Tunis et Je te le dirai par écrit en partenariat avec la chorégraphe Caroline Bo. En novembre 2011, création de la pièce Khira wu Rochdi pour la Scène Nationale de la Ferme de Buisson en France.


Nostalgies amoureuses

Rédigé par Maria Daïf

De l’époque où elle était danseuse classique, Malek Sebaï a gardé la rigueur et la discipline. Mais le carcan dans lequel elle sentait son corps enfermé pendant ces années-là, elle l’a explosé quand son corps et son cœur sont allés vers la danse contemporaine. Enfin libre, grâce aux rares mais si précieux ateliers auxquels elle a participé dans son pays natal, la Tunisie. Un pays, qu’elle aime par-dessus tout et dont elle livre un bout dans sa miniature marocaine. Des soutiens-gorge qu’elle arbore délicatement à la musique qu’elle utilise en fonds, l’artiste emmène le public en voyage, de son plein gré. Car nul ne peut résister à Malek. Son corps se déhanche presque, et la sensualité qui s’en dégage rappelle celle des danseuses orientales : «La danse est pour moi, avant tout, une expression très charnelle », dit-elle. Rebelle jusqu’au bout des ongles, c’est d’abord dans une discothèque qu’elle voulait monter (et montrer) sa création casablancaise. Mais Malek sait aussi recréer des espaces et c’est ce qu’elle fera dans son solo. Et on s’y croirait presque. Sa miniature est une ode aux slows désormais désuets et aux rencontres fortuites de fin de soirée. A consommer sans modération.


Accueillie en résidence à Casablanca par l’Espace Darja (AR2D) du 5 au 12 février 2010. Étape de présentation finale du programme Miniatures Maroc les 16 et 17 avril 2010 à la Villa des Arts de Casablanca.
Production : L’Officina-atelier marseillais de production (Marseille, France)
Coproduction : L’association Les Rencontres de la danse (Casablanca, Maroc) et de Marseille Provence 2013.
Avec le soutien du La Convention CulturesFrance / Ville de Marseille et de la Direction des Relations Internationales du Conseil Général des Bouches-du-Rhône .

© L’Officina // © Espace Darja

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