Babouche miniature, Montaine Chevalier

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NOTE D’INTENTION

« J’aimerais questionner pendant cette première semaine de résidence le « point d’accroche » des choses, des objets, du vivant et le motif général qui se dessine alors des couples, des assemblages… qualité des tensions, mise en corps forme, suggestions de relations et sensations, l’articulaire genoux, l’ampleur des extensions, les points sensibles ou poissonsibles…s’arrêter devant certains possibles dans l’infinité des configurations, l’image et le mouvement. Pour cela j’imagine aujourd’hui, me servir de la photographie et du mouvement. J’aimerais travailler la relation entre ces 2 (médium) et trouver la disposition qui me convienne… »

Montaine Chevalier


MONTAINE CHEVALIER

Dès l’adolescence, Montaine Chevalier se forme à la danse contemporaine avant d’intégrer la cellule d’insertion professionnelle Bagouet au CCN de Montpellier et de compléter le DE de professeur de danse par une licence de philosophie et un master en arts plastiques, façon de ne pas couper la danse des autres formes de l’esthétique. Mais la formation au contact improvisation avec Steve Paxton et à la composition instantanée auprès de Julyen Hamilton, Simone Forti, Steve Paxton, Lisa Nelson, Mark Tompkins, Vera Mantero, David Zembrano la touche plus précisément : elle lui révèle une capacité à faire feu de l’instant ainsi qu’à lier sa créativité à d’autres. C’est pourquoi, parallèlement à une carrière d’interprète pour Georges Appaix, Bernard Glandier, Odile Duboc, Alain Michard, Stéphanie Aubin, pour le metteur en scène Alain Béhar ou le performer Yves-Noël Genod, ou encore les carnets Bagouet, elle aime rejoindre des projets de groupe ou des créations collectives. Associer un travail personnel à celui d’autres artistes, qu’ils soient chorégraphes, musiciens ou plasticiens, c’est aimer que les artistes fassent société. Cet esprit de collaboration naît peut-être de la composition instantanée qui articule l’inventivité personnelle à l’écoute des autres, dans l’instant. Alors elle cosigne des performances avec Christian Bourigault, Valérie Castan, Michèle Ettori, Didier Silhol ou Louis Ziegler, Julyen Hamilton, Bernard Menaut, Filiz Silanzi, Mustafa Kaplan au sein de différents collectifs etc… Depuis 6 ans, elle crée des danses où elle voudrait lier l’intensité de la présence à l’esprit de légèreté, la liberté de mouvement à l’usage des objets, pour inscrire sans dogme le passage du corps dans le paysage scénique ou naturel – et c’est pourquoi les notions de contexte et d’environnement lui sont essentielles. Elle aime continuer d’apprendre comme elle aime enseigner. Et c’est pourquoi elle poursuit ses activités d’enseignement, de transmission – sensibilisation, ateliers et stages ou transmission de répertoire à des professionnels.


REGARD SUR LA MINIATURE

Rédigé par Maria Daïf

A la vue du corps menu de Montaine Chevalier, on ne peut s’empêcher d’être piqué par la curiosité. Qui se cache derrière ce petit bout de femme ? Mais les apparences sont souvent si trompeuses. Montaine Chevalier, elle, sait ce qu’elle veut et sait où elle va. De sa balade à la recherche de repères dans un Casablanca qu’elle ne connaît point, à son enfermement à Darja pour trouver le langage qu’il faut pour tout dire en si peu de temps, Montaine a su tirer profit. Sa Miniature est à son image : délicate et efficace. L’artiste a brodé sa création avec une maestria qu’elle doit à ses années d’exercice de la danse contemporaine. Les objets qu’elle met en scène dans sa Miniature sont-ils là parce qu’avec son corps elle ne peut pas tout dire ? La chorégraphe hésite, baisse les yeux puis les relève : «Probablement… mais pas seulement. Mon but est d’occuper l’espace, de créer un univers, soutenue par des photographies, des objets ou des sons ». Dans sa Miniature, Montaine a fait appel à Eric Rohmer, réalisateur qui a fait des intrigues amoureuses son fer de lance. Un homme et une femme dans Une nuit chez Maud, devisent d’amour et de fidélité. L’artiste accomplit un acte rare : traduire sur scène l’ambiance intimiste d’une scène de cinéma. Le couple est alors si présent dans l’air, qu’on ne peut s’empêcher de penser que Montaine, si fragile, a réussi son pari, celui de nous parler d’amour.


Accueillie en résidence à Casablanca par l’Espace Darja (AR2D) du 15 au 22 janvier 2010. Étape de présentation finale du programme Miniatures Maroc les 16 et 17 avril 2010 à la Villa des Arts de Casablanca.
Production : L’Officina-atelier marseillais de production (Marseille, France)
Coproduction : L’association Les Rencontres de la danse (Casablanca, Maroc) et de Marseille Provence 2013.
Avec le soutien du La Convention CulturesFrance / Ville de Marseille et de la Direction des Relations Internationales du Conseil Général des Bouches-du-Rhône .

© Guillaume Mollé

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