Aux artistes

Interroger l’identité des genres.
Poser encore la question de l’Autre.
Travailler les liens comme les distances,
La puissance des possibles comme la force des conflits.
Sonder l’immensité amoureuse, l’union intime des êtres.

Et la délimiter :
Au cœur de l’amour,
Aux corps du couple.

Rendre des réponses
Le plus souvent impossible
Ou faire toujours résonner d’autres questions.

Donner vie, mouvements et voix aux émotions,
Offrir des instants vécus,
Dévoiler des sentiments,
Remonter aux sources de l’amour.

Avec des artistes issus d’horizons et de pratiques différents, de culture ou d’origine méditerranéenne s’il en est véritablement une, dans des lieux et des territoires variés.

Chercher ensemble ou séparément mais avec la même volonté de définir
Le cœur de l’amour, le corps du couple,
Ses déplacements, ses mots, son souffle,
Les espaces et les temps dans lesquels ils évoluent, résonnent et bougent.

Avec des textes écrits, de la musique composée, des mouvements chorégraphiés, des œuvres plastiques, des images audiovisuelles…

Bachelard disait « l’être humain est une ruche d’être »
Pouvoir ainsi bâtir notre ruche, sans jamais nier l’existence propre de chaque alvéole qui la constitue.

Faire exister chacune de ses alvéoles, comme on admire les vols et va-et-vients que font et forment en continu les abeilles entre la fleur et la ruche.
Prendre le temps de butiner avant de pouvoir recueillir,
Accepter que le miel est la réduction et la sublimation d’un long travail
En dépit du parfum des fleurs, du vol des abeilles et des ciels traversés.

Expliquer alors que le mot et le concept de miniature est venu lentement à nous,
Qu’il explique et révèle au mieux le sens de notre recherche comme l’architecture qu’on désire lui donner.

Miniature ou mystère et magie de la sublimation,
Pour mieux toucher à l’essence de l’intime,
Réduction poétique mais jamais réductrice
Comme à l’intérieur d’un kaléidoscope où les formes se tissent et se superposent puis se télescopent pour s’unir encore.

Liberté alors laissée aux artistes de s’inscrire dans la démarche, le lieu et le temps choisis,
De construire, chacun, de petits alvéoles intimes et indépendants et bâtir ensemble cette ruche d’être ;
Qui donneront à voir des hommes et des femmes pensant et exprimant le cœur du couple, le corps de l’amour.

Ainsi, le concept de miniature par son mystère, sa poésie, ses formes et l’architecture d’ensemble que nous voulons donner à la totalité du projet, semble plus judicieux que celui de performance ;
Il permet d’établir de véritables et multiples correspondances entre les arts, les êtres, leurs sensibilités et leurs identités.
Il s’inscrit alors dans notre volonté de rencontre, nos désirs de partages.

Enfin, il participe à faire remonter le fond à la surface.
Chaque lieu, rencontre et temps à vivre ensemble devant à l’avenir devenir une miniature,
Chaque miniature étant une métaphore du corps du couple, un reflet du cœur de l’amour,
Jusqu’à former ensemble au fil des résidences et du travail accompli : Cette ruche d’être.

Ces miniatures seront donc les résultantes des différentes manières d’expressions artistiques : comme l’écriture, la chorégraphie, la musique ou bien encore la vidéo, la voix, le son, la peinture….